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Synthèse du Rapport Annuel 2026 du Conseil d’Orientation des Retraites (COR)

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  • 18 juin
  • 3 min de lecture

Le COR a publié en juin 2026 son rapport annuel. Il nous offre une analyse actualisée des perspectives financières et démographiques du système de retraite français.

Ce rapport s’appuie sur de nouvelles hypothèses démographiques (Insee, avril 2026), marquées par une baisse du taux de fécondité (1,45 enfant par femme à partir de 2028, contre 1,8 précédemment) et un solde migratoire revu à la hausse (+150 000 personnes/an).

 

Des dépenses stables, mais un déficit structurel

 

En 2025, les dépenses de retraite représentent 14,1 % du PIB (422 milliards d’euros), le niveau est élevé en comparaison avec l’international (2ᵉ pays après l’Italie). Selon le scénario de référence, cette part resterait stable jusqu’en 2045 (14,2 %), avant d’atteindre 15,3 % en 2070. Cette progression s’explique par deux phénomènes :

 

·       La révision à la baisse de la fécondité, réduisant la population active et le PIB.

·       Les nouvelles hypothèses de revalorisation des points Agirc-Arrco (à partir de 2038), plus favorables aux assurés.

 

Pourtant, les ressources du système (à savoir, cotisations, impôts affectés) diminueraient, passant de 13,9 % du PIB en 2025 à 12,9 % en 2070, en raison du recul des régimes publics (fonction publique, régimes spéciaux) et de la modération des masses salariales.

 

Un déficit durable

 

Le solde du système est déficitaire de 5,1 milliards d’euros en 2025 (-0,2 % du PIB). Ce déficit se creuserait à -0,9 % du PIB en 2045 et -2,4 % en 2070, et ce pour deux raisons :

 

·       La suspension de la réforme des retraites (loi de finance 2026) (coût 1,8 milliard d’euros par an jusqu’en 2032)

·       La détérioration démographique (le ratio des 20-64 ans/ + de 65 ans passerait de 2,5 en 2025 à 1,62 en 2070)

 

Les régimes complémentaires (Agirc-Arrco) resteraient proches de l’équilibre, mais les régimes de base (Cnav, CNRACL) verraient leur déficit s’aggraver.

 

Les leviers d’ajustement et leurs impacts

 

Le COR évalue quatre leviers pour rétablir l’équilibre, avec des effets contrastés :

 

·       La baisse des pensions, avec pour effet la réduction immédiate de la consommation et de l’activité (-0,1 à -0,2% du PIB à court terme),

·       La hausse des cotisations (part salariale et patronale), avec effet récessif sur l’emploi et la compétitivité (de – 15 000 à – 80 000 emplois),

·       Le report de l’âge de départ à la retraite, de +0,1 à +0,8 % du PIB à long terme, +200 000 emplois, et amélioration du solde public (+0,3 à +0,65 point de PIB).

 

Des incertitudes majeures

 

Attention cependant, ces projections dépendent fortement des variations des éléments suivants :

 

·       Démographie : Si tu le taux de fécondité chutait à 1,2 enfant/femme, le déficit serait aggravé de 1 point de PIB en 2070. Au contraire, rebond à 1,7 l’améliorerait d’autant.

·       Economie : Une productivité à 1 %/an réduirait les dépenses à 14,5 % du PIB en 2070 (contre 15,3 % en scénario initial), alors qu’une productivité à 0,4 % portrait ces mêmes dépenses à 16,1 %.

·       Migrations : Un solde se situation à + 230 000/an permettrait d’atténuer temporairement les déséquilibres.

 

Conclusion : Un système sous tension

 

Le rapport du COR souligne que le système de retraite français reste soutenable à moyen terme, mais que son équilibre à long terme nécessite des arbitrages.

 

Notre système des retraites français nécessitera des arbitrages, et ce dès 2027.

 

Pour aller plus loin : Rapport annuel du corps RA_2026_def.pdf

Ariane Retraite : Article sur la suspension de la réforme des retraites

 
 
 

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